Techniques innovantes
La technique d’implantation mini-invasive de prothèse pénienne est révolutionnaire car elle est peu invasive:
je l’ai mise au point après une longue période de formation aux États-Unis, où j’ai collaboré avec l’un des plus éminents chirurgiens andrologues américains, le professeur Paul Perito du Coral Gables Hospital en Floride. Je l’utilise principalement chez les patients opérés d’un cancer de la prostate et chez ceux atteints d’induratio penis plastica du pénis.
Entretien avec le Dr Gabriele Antonini
Une vie sexuelle active et épanouie est possible, même après une opération de la prostate qui a laissé un déficit fonctionnel. La solution définitive est la prothèse pénienne, ou dispositif endocaverneux, qui peut aujourd’hui être implantée grâce à une mini-intervention non invasive. Gabriele Antonini, premier et unique praticien en Italie à la réaliser, urologue andrologue du département d’urologie « U. Bracci » de la polyclinique Umberto I de Rome, nous a expliqué les détails de cette technique innovante.
Dysfonction érectile après une opération du cancer de la prostate : quand est-il nécessaire de recourir à une prothèse pénienne ?
Les problèmes de dysfonction érectile concernent principalement les personnes opérées d’un cancer de la prostate, mais aussi celles qui ont subi des interventions colorectal et les patients atteints de diabète. Le déficit érectile peut être plus ou moins important, selon les micro-lésions vasculaires subies. La rééducation postopératoire prévoit l’utilisation de médicaments oraux tels que le sildénafil et le tadalafil, qui ne garantissent toutefois pas une reprise totale de l’activité sexuelle. Au contraire, ils s’avèrent le plus souvent inefficaces. Dans ces cas, la seule solution thérapeutique consiste donc à implanter un dispositif endocaverneux qui rétablit le fonctionnement parfait de l’organe sexuel.
Comment fonctionne une prothèse pénienne ?
Le sang ne circule plus, il faut donc compenser cette absence pour que l’organe fonctionne. Les prothèses hydrauliques que j’utilise sont dites à trois composants. Elles sont constituées de deux cylindres gonflables, d’un dispositif d’activation et d’un réservoir de forme sphérique. Le mécanisme d’activation, caché à l’intérieur du scrotum entre les deux testicules, est actionné manuellement et fait passer le liquide, une solution physiologique, du réservoir à l’intérieur des cylindres placés dans les deux corps caverneux qui se gonflent et se raidissent.
Quelles sont les caractéristiques de la technique que vous utilisez et quels sont ses avantages par rapport aux autres ?
La technique que j’utilise, appelée « Minimally invasive penile prosthesis implant », a la particularité d’être mini-invasive et donc révolutionnaire : je l’ai apprise et mise au point après une longue période de formation aux États-Unis, où j’ai collaboré avec l’un des plus importants chirurgiens andrologues américains, le professeur Paul Perito du Coral Gables Hospital en Floride. Je l’utilise principalement chez les patients opérés.
pour le cancer de la prostate et chez les personnes souffrant d’une déformation du pénis due à une induratio penis plastica.
L’innovation réside dans la technique utilisée pour positionner l’implant : une incision infrapubienne de seulement 2,5 cm est pratiquée à la base du pénis pour l’implantation de la prothèse pénienne hydraulique. L’intervention dure vingt minutes, contre 50 minutes pour l’intervention traditionnelle. Tout cela au bénéfice de la douleur postopératoire, qui est presque inexistante, et du risque d’infection, qui diminue considérablement et est proche de zéro pour cent. Auparavant, l’incision chirurgicale était pratiquée entre le pénis et le scrotum, avec une gêne postopératoire bien plus importante et la possibilité pour le patient d’activer le système seulement après un mois. Grâce à cette nouvelle approche, les délais ont été considérablement raccourcis et le système peut être activé dès le 7e jour après l’intervention, la reprise de l’activité sexuelle pouvant commencer un mois plus tard.
Quelle est l’importance de l’aspect psychologique de l’acceptation de la prothèse ?
Une fois l’aspect oncologique dépassé, il faut s’attarder sur l’aspect psychologique et la vie sexuelle du patient. En règle générale, les personnes opérées d’un cancer de la prostate ont plus de 60 ans, même si le dépistage précoce grâce à l’introduction du PSA permet de détecter la tumeur dès l’âge de 50 ans environ. Cela ne signifie toutefois pas qu’une fois la maladie surmontée, il faille renoncer à une vie sexuelle active et satisfaisante, source de bien-être psycho-physique et d’énergie pour gérer la maladie.
Il faut accepter le problème. De nombreux patients renoncent à une vie sexuelle active parce que l’idée d’implanter une prothèse pénienne est vécue comme un déficit et un handicap. Dans l’imaginaire collectif, on croit que le dispositif endocaverneux est quelque chose d’extérieur à l’organisme, avec la fameuse pompe visible à l’œil nu. Au contraire, ce type d’implant est interne à l’organisme et totalement invisible, et permet d’obtenir une rigidité du pénis équivalente à celle d’un jeune homme de 20 ans. Pour cette raison, il devrait être comparé, en termes d’utilité pour la qualité de vie, à une prothèse de hanche ou à une valve cardiaque.
Quelle est l’importance de la relation médecin-patient dans ces cas ?
La pathologie oncologique accapare à juste titre le temps du spécialiste qui, dans la grande majorité des cas, après avoir brillamment résolu le problème de base, néglige la qualité de la vie sexuelle, créant chez le patient un profond état de dépression et de frustration. À mon avis, l’urologue doit se consacrer entièrement à l’andrologie afin de pouvoir établir une relation d’amitié et de confiance avec le patient, en créant une empathie entre les parties et en lui permettant de s’ouvrir et d’aborder sereinement tant la phase chirurgicale que la phase suivante de suivi.


